Συνέντευξη του Υπουργού Οικονομικών στη γαλλική εφημερίδα «Les Echos» | 5.6.2020

 

Χρήστος Σταϊκούρας: «Το σημαντικό τώρα είναι μια γρήγορη συμφωνία για το Ευρωπαϊκό Ταμείο Ανάκαμψης»

 

Ο Έλληνας Υπουργός Οικονομικών εμφανίζεται μάλλον αισιόδοξος σχετικά με τις πιθανότητες να επιτευχθεί μια γρήγορη συμφωνία μεταξύ των Ευρωπαίων για το σχέδιο ανάκαμψης των 750 δισ. ευρώ, που προτάθηκε στο τέλος Μαΐου από την Επιτροπή, παρά τις διαφωνίες Βορρά-Νότου. Το διακύβευμα είναι σημαντικό: η Αθήνα θα μπορούσε να λάβει από αυτό 32 δισ. ευρώ, εκ των οποίων τα 22 δισ. ευρώ από επιχορηγήσεις.

 

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Publié le 4 juin 2020 à 16h13Mis à jour le 4 juin 2020 à 18h16

Comment réagissez-vous à la décision de la BCE de renforcer son programme de rachats d’actifs?

La BCE a réagi rapidement, avec audace et dynamisme depuis le début de la crise. La décision prise jeudi par le Conseil des gouverneurs de la banque en est une nouvelle preuve.

Tous les gouvernements européens ont mis en place des plans de soutien à leur économie pour faire face à la crise. Certains plus que d’autres. Ne craignez-vous pas que cela génère des différences et accentue les écarts de compétitivité entre les pays ?

Il est clair que certains Etats disposent d’ une plus grande marge budgétaire. Ils peuvent donc soutenir davantage leurs entreprises. Etant donné que cette crise est exogène et symétrique et que nos économies sont étroitement liées entre elles, nous devons garantir des conditions de concurrence équitables et prévenir la fragmentation financière et les divergences économiques. C’est pourquoi il est crucial d’avoir une réponse ambitieuse et forte à la crise au niveau européen. Les décisions prises par la Commission européenne mais aussi la BCE et l’Eurogroupe sont autant de pas effectués dans cette direction. Je suis optimiste sur nos chances de franchir une étape supplémentaire, sur la base de la proposition de la Commission du fonds de relance baptisé’Next Generation EU’.

Pensez-vous que les ministres européens des Finances, divisés entre le Nord et le Sud, vont pouvoir trouver un compromis sur ce fonds ?

La proposition de la Commission européenne est à la fois ambitieuse, flexible, équitable et en phase avec les défis auxquels nous sommes confrontés. Elle est favorable à la croissance car elle repose principalement sur des subventions plutôt que sur des prêts et donne à chaque pays la possibilité de définir sa stratégie nationale tout en mettant l’accent sur les priorités de l’Europe, tels que la transformation numérique, le développement vert et la politique rurale. Ce qui importe maintenant, c’est de parvenir rapidement à un accord sur la forme définitive de ce nouvel instrument dans un esprit de solidarité. Nous devons faire de notre mieux pour mettre de côté les différences et les différends et mettre des fonds à disposition des Etats le plus rapidement possible pour leur permettre de relancer leurs économies et les rendre plus fortes et plus productives.

Quelle part de ce fonds pourrait revenir à la Grèce ?

Selon les premières estimations, environ 32 milliards d’euros seront disponibles pour la Grèce, dont environ 22 milliards sous forme de subventions.

Ne craignez-vous pas que sous la pression des pays « frugaux », les Européens exigent des contreparties en échange de ces subventions ?

La Commission européenne a déjà inclus une référence aux réformes dans sa proposition puisque ce fonds de 750 milliards d’euros de prêts et de dons doit aider les Etats membres à mettre en oeuvre les investissements et les réformes nécessaires à une relance durable. Les Etats élaboreront leurs propres plans de relance nationaux en fonction de leurs priorités définies dans le cadre du semestre européen.

Y a-t-il un danger d’éclatement de la zone euro si les écarts de performance économique entre les Etats sont trop grands ?

L’expérience montre que l’Europe et la zone euro ont souvent besoin de temps pour relever les défis auxquels elles sont confrontées. Pour autant, dans le cas de cette crise, la réponse a été immédiate à tous les niveaux de décision. Même lorsque des points de vue différents ont été exprimés concernant certains instruments financiers, un compromis a été trouvé et la discussion sur le fonds de relance a bien progressé. C’est pourquoi je pense qu’il est réaliste d’espérer des mesures supplémentaires qui garantiront non seulement que la zone euro ne risque pas de s’effondrer à nouveau, mais aussi qu’elle parviendra à sortir de cette crise plus unie.

Pourquoi le gouvernement grec n’a-t-il pas fait une demande d’aide au Mécanisme européen de stabilité (MES), qui était proposée sans condition ? Vous n’avez pas besoin d’argent ?

En l’état actuel des choses, la Grèce n’a pas besoin de recourir aux lignes de crédit du mécanisme de sauvegarde d’urgence . Le gouvernement fait un usage responsable de ses ressources et peut recourir aux marchés financiers malgré l’environnement international défavorable. Nous utilisons pleinement l’espace budgétaire et financier mis à disposition par l’Eurogroupe et la BCE, nous sommes prêts à utiliser les nouveaux instruments financiers européens tels que le programme Sure et les soutiens de la BEI . Enfin, nous réformons notre économie pour stimuler les investissements et renforcer notre productivité et notre compétitivité. Quoi qu’il en soit, le recours au MES est encore ouvert jusqu’à la fin de 2022.

Est-il vrai que vous avez renoncé à faire un deuxième remboursement par anticipation au FMI ?

Nous avions envisagé un deuxième remboursement anticipé au FMI avant la crise du Covid-19 mais aucun engagement n’avait été pris envers lui ou les institutions européennes. Les nouvelles circonstances nous ont bien évidemment poussés à revoir nos priorités. Il s’agit désormais d’utiliser au mieux les ressources et les fonds disponibles afin de minimiser les conséquences sociales et économiques du coronavirus. Nous réexaminerons l’ensemble de la stratégie au cours du second semestre de l’année.

La saison touristique qui s’ouvre peut-elle vous permettre de limiter l’ampleur de la récession ?

Le tourisme est un secteur de la plus haute importance pour l’économie grecque. En 2019, il a généré 19 milliards d’euros de recettes et employé plus de 360.000 salariés. Il est donc évident que l’ampleur du déclin économique de cette année dépendra dans une large mesure des performances du tourisme. Le gouvernement grec a préparé un plan concret pour renforcer les structures de soins de santé dans les destinations touristiques, et pour offrir la sécurité aux visiteurs et employés du secteur. Des protocoles d’hygiène sont prévus pour les hôtels et toutes les structures d’hébergement, ainsi que les ports, aéroports, bus touristiques, etc. Les restrictions au tourisme extérieur seront progressivement levées en fonction des caractéristiques épidémiologiques de chaque pays, et des incitations seront données pour stimuler le tourisme intérieur.

Catherine Chatignoux

LES ECHOS

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